Approche contemporaine à la prise en charge de la MPI fibrosante - nouvelles données qui changeront votre approche.
00:00:00.400 --> 00:00:00.640
Bonsoir,
00:00:00.640 --> 00:00:04.376
et merci
d’assister à cette présentation
00:00:04.376 --> 00:00:07.933
intitulée Approche actuelle
00:00:07.933 --> 00:00:09.440
de prise en charge de la maladie pulmonaire interstitielle fibrosante :
00:00:09.880 --> 00:00:13.120
de nouvelles données qui vont transformer vos pratiques, par le docteur Chris Ryerson.
00:00:13.880 --> 00:00:15.000
Je m’appelle Ciaran Scallan.
00:00:15.000 --> 00:00:18.120
Je suis professeur adjoint de médecine à l’Université McMaster,
00:00:18.120 --> 00:00:21.736
pneumologue, membre du personnel au Centre de soins de santé St-Joseph de Hamilton et au
00:00:21.736 --> 00:00:22.480
Réseau universitaire de santé.
00:00:23.000 --> 00:00:26.470
J’ai l’honneur d’être le modérateur de la présentation de ce soir et de
00:00:26.470 --> 00:00:28.800
vous présenter notre conférencier, le docteur Chris Ryerson.
00:00:29.480 --> 00:00:32.876
Il est professeur de médecine à l’Université de la Colombie-Britannique et chef
00:00:32.876 --> 00:00:36.407
de la division de médecine respiratoire du centre Providence Healthcare à Vancouver,
00:00:36.407 --> 00:00:36.720
au Canada.
00:00:37.320 --> 00:00:40.194
Il dirige le Registre canadien de la fibrose pulmonaire,
00:00:40.194 --> 00:00:43.644
qui soutient une grande partie de ses recherches sur le diagnostic, la prise en charge,
00:00:43.644 --> 00:00:45.840
et l’établissement du pronostic de cette maladie.
00:00:46.400 --> 00:00:49.973
Il a également dirigé la préparation de plusieurs lignes directrices de pratique clinique
00:00:49.973 --> 00:00:53.120
et déclarations consensuelles nationales et internationales sur la classification,
00:00:53.120 --> 00:00:55.680
le diagnostic et la prise en charge de la fibrose pulmonaire.
00:00:55.680 --> 00:00:58.920
Nous avons beaucoup de chance de pouvoir l’entendre sur ce sujet.
00:01:00.000 --> 00:01:02.780
Comme consigne ce soir,
00:01:02.780 --> 00:01:07.196
nous vous demandons d’éteindre votre micro pour éviter
00:01:07.196 --> 00:01:08.559
les interruptions.
00:01:08.840 --> 00:01:11.200
Votre caméra peut être allumée ou éteinte.
00:01:11.920 --> 00:01:13.280
Nous avons pensé qu’il serait mieux
00:01:13.280 --> 00:01:15.219
d’attendre la fin pour poser les questions,
00:01:15.219 --> 00:01:17.600
mais n’hésitez pas à les taper dans la boîte de dialogue pendant la présentation.
00:01:17.600 --> 00:01:21.336
Je vais essayer de les regrouper par sujet avant de les soumettre à Chris.
00:01:25.480 --> 00:01:29.370
La présentation sera enregistrée et le jeu de diapositives sera disponible une fois
00:01:29.370 --> 00:01:29.760
l’exposé terminé.
00:01:29.760 --> 00:01:33.412
Nous sommes très reconnaissants de l’aide financière accordée par
00:01:33.412 --> 00:01:36.918
Boehringer Ingelheim pour la tenue de ces activités.
Les experts
reçoivent des honoraires pour leur
00:01:36.918 --> 00:01:37.600
participation.
00:01:38.520 --> 00:01:41.005
Par souci de transparence et d’intégrité,
00:01:41.005 --> 00:01:44.369
nous allons bientôt vous montrer les diapositives contenant les divulgations et
00:01:44.369 --> 00:01:45.880
les conflits d’intérêts pertinents.
00:01:46.520 --> 00:01:48.921
Toujours par souci de transparence, sachez que les experts
00:01:48.921 --> 00:01:51.279
ont créé l’entièreté du contenu de
00:01:51.279 --> 00:01:52.479
la présentation.
00:01:52.880 --> 00:01:55.320
Sans plus attendre, je cède la parole au docteur Ryerson.
00:01:56.480 --> 00:01:56.640
Excellent.
00:01:56.680 --> 00:01:57.240
Merci Ciaran.
00:01:57.760 --> 00:01:58.800
Bienvenue à tous.
00:01:59.320 --> 00:02:01.920
Merci de vous joindre à nous par cette belle soirée d’hiver.
00:02:02.840 --> 00:02:06.770
Comme l’a dit Ciaran, je vais
vous parler de l’approche de prise en charge de
00:02:06.770 --> 00:02:09.000
la maladie pulmonaire interstitielle fibrosante, ou fibrose pulmonaire.
00:02:10.000 --> 00:02:13.360
Comme annoncé, voici nos divulgations.
00:02:13.520 --> 00:02:17.800
Celles de Ciaran sont ici et les miennes sont là.
00:02:18.480 --> 00:02:23.756
La présentation porte sur le nintedanib et la pirfénidone, qui sont produits par des
00:02:23.756 --> 00:02:28.900
entreprises dont le nom apparaît à l’écran. Nous reviendrons
00:02:28.900 --> 00:02:32.726
sur ces divulgations
et les éventuels conflits d’intérêts,
00:02:32.726 --> 00:02:33.319
au besoin.
00:02:34.520 --> 00:02:36.640
Maintenant,
voici quelques objectifs de cette présentation
00:02:37.000 --> 00:02:40.579
d’une cinquantaine de minutes :
00:02:40.579 --> 00:02:45.617
permettre au public de définir la fibrose pulmonaire
00:02:45.617 --> 00:02:49.528
progressive,
lui transmettre les données sur le traitement de cette maladie et préciser les
00:02:49.528 --> 00:02:53.240
facteurs qui influent sur l’approche de prise en charge adoptée.
00:02:54.000 --> 00:02:56.738
Nous parlerons également du rôle de la prednisone,
00:02:56.738 --> 00:03:00.360
de la corticothérapie immunosuppressive et des antifibrotiques.
00:03:01.920 --> 00:03:05.933
Je vais donc commencer par des généralités avant d’entrer dans le vif du
00:03:05.933 --> 00:03:06.080
sujet.
00:03:06.080 --> 00:03:10.240
Donc « maladie pulmonaire interstitielle » et
« pneumonie interstitielle »sont synonymes.
00:03:11.000 --> 00:03:14.358
La maladie pulmonaire interstitielle est un ensemble de centaines de
00:03:14.358 --> 00:03:17.960
maladies causant la formation de cicatrices ou
de l’inflammation dans le parenchyme pulmonaire.
00:03:18.600 --> 00:03:21.733
Une des principales maladies de cet ensemble est la fibrose pulmonaire,
00:03:21.733 --> 00:03:24.760
qui couvre elle-même de nombreux diagnostics différents.
00:03:25.080 --> 00:03:30.692
Les diagnostics les plus courants comprennent la fibrose pulmonaire idiopathique,
00:03:30.692 --> 00:03:35.763
les maladies du tissu conjonctif et la pneumopathie d’hypersensibilité. Notez que la fibrose pulmonaire idiopathique, en rouge, est toujours
00:03:35.763 --> 00:03:36.440
fibrosante.
00:03:36.440 --> 00:03:42.254
En revanche, la pneumopathie d’hypersensibilité et les maladies du tissu conjonctif peuvent ou non
00:03:42.254 --> 00:03:46.080
être accompagnées de signes de fibrose à la biopsie et à la TDM.
00:03:46.080 --> 00:03:50.920
Cette caractéristique sera pertinente lorsque nous examinerons la situation dans l’ensemble du Canada.
00:03:50.920 --> 00:03:54.120
Ces données proviennent du Registre canadien de la fibrose pulmonaire, ou CARE-PF.
00:03:54.560 --> 00:04:00.238
On voit que les maladies du tissu conjonctif sont les formes d’atteintes les plus fréquentes au Canada,
00:04:00.238 --> 00:04:01.880
suivi de près par la fibrose pulmonaire idiopathique.
00:04:02.440 --> 00:04:05.901
Beaucoup de cas sont inclassables, ce qui peut être le fait d’un biais d’aiguillage
00:04:07.920 --> 00:04:13.099
La pneumopathie d’hypersensibilité ne représente
00:04:13.099 --> 00:04:14.760
que 10 % des autres maladies que l’on voit ici.
00:04:15.520 --> 00:04:18.000
Une autre longue liste,
00:04:18.000 --> 00:04:21.795
qui contient littéralement quelques centaines d’éléments, est celle des causes possibles, mais rares,
00:04:21.795 --> 00:04:22.960
de la fibrose pulmonaire.
00:04:23.840 --> 00:04:27.867
Dans cet exposé, nous parlerons beaucoup de fibrose pulmonaire idiopathique, de maladies du tissu conjonctif, de pneumopathie d’hypersensibilité et
00:04:27.867 --> 00:04:32.428
de maladies
pulmonaires interstitielles inclassables. D’autres causes de
fibrose pulmonaire seront également abordées par la bande,
00:04:32.428 --> 00:04:37.226
mais c’est sur ces quatre formes de la maladie que nous allons
00:04:37.226 --> 00:04:37.760
nous concentrer.
00:04:39.600 --> 00:04:44.600
Permettez-moi une parenthèse pour distinguer
« profil » et « diagnostic ».
00:04:44.600 --> 00:04:49.150
C’est une distinction qu’on ne fait pas très bien dans notre domaine
00:04:49.150 --> 00:04:51.800
depuis une cinquantaine d’années.
00:04:52.480 --> 00:04:57.516
Le profil, c’est ce que le radiologue ou le pathologiste observe
00:04:57.516 --> 00:05:01.400
sur le cliché d’imagerie, par exemple le cliché de TDM, ou à la biopsie.
00:05:01.880 --> 00:05:06.161
Le diagnostic est une étiquette multidisciplinaire : c’est ce que le médecin
00:05:06.161 --> 00:05:09.640
dit au patient qu’il a. Parmi les profils,
00:05:09.640 --> 00:05:13.720
il y a celui de la pneumonie interstitielle commune et celui de la pneumopathie d’hypersensibilité fibrosante.
00:05:13.720 --> 00:05:17.400
La nomenclature sera probablement changée dans les prochaines lignes directrices.
00:05:17.920 --> 00:05:23.000
Il existe également d’autres profils, dont celui de la pneumopathie interstitielle non spécifique.
00:05:23.160 --> 00:05:27.887
Du point de vue du diagnostic ou du diagnostic multidisciplinaire,
00:05:27.887 --> 00:05:31.280
on parle par exemple de diagnostic de fibrose pulmonaire idiopathique, de pneumopathie d’hypersensibilité et de pneumopathie interstitielle non spécifique idiopathique.
00:05:32.120 --> 00:05:33.960
Cette situation présente quelques problèmes.
00:05:34.280 --> 00:05:39.109
Le premier est que nous ne
pratiquons plus beaucoup de biopsies et
00:05:39.109 --> 00:05:43.320
que nos données sur la corrélation radiologiepathologie sont relativement limitées.
00:05:43.920 --> 00:05:47.276
Nous avons assez d’information sur la fibrose pulmonaire idiopathique,
00:05:47.276 --> 00:05:52.561
mais nous ne savons pas à quel point la radiologie correspond à
00:05:52.561 --> 00:05:57.560
la pathologie et nous pratiquons très peu de biopsies pour valider les résultats.
00:05:58.240 --> 00:06:03.263
Le lien entre profil et diagnostic représenté par les flèches n’est
00:06:03.263 --> 00:06:06.680
donc pas toujours aussi clair qu’on le voudrait.
00:06:08.080 --> 00:06:10.000
Le deuxième problème est la spécificité.
00:06:10.440 --> 00:06:14.956
Un profil de pneumonie interstitielle commune à l’imagerie ou à la biopsie peut évoquer une fibrose pulmonaire idiopathique ou
00:06:14.956 --> 00:06:19.472
même une pneumopathie d’hypersensibilité s’il présente quelques granulomes subtils. Ce profil peut aussi évoquer la
00:06:19.472 --> 00:06:24.102
polyarthrite rhumatoïde s’il présente des
00:06:24.102 --> 00:06:27.320
caractéristiques spécifiques à cette maladie.
00:06:27.320 --> 00:06:29.680
En fin de compte, on en revient au profil de la pneumonie interstitielle commune.
00:06:30.120 --> 00:06:33.998
Bref, plusieurs profils peuvent correspondre à plusieurs
00:06:33.998 --> 00:06:37.184
diagnostics, et
00:06:37.184 --> 00:06:37.600
vice-versa.
00:06:38.560 --> 00:06:40.920
Ce chevauchement est un gros problème dans notre domaine.
00:06:41.640 --> 00:06:44.120
Le troisième problème est notre façon d’employer ces termes.
00:06:44.760 --> 00:06:48.110
Il est important
de distinguer « profil » et
00:06:48.110 --> 00:06:52.598
« diagnostic »,
même si bien des gens les utilisent
00:06:52.598 --> 00:06:53.800
indifféremment.
00:06:54.440 --> 00:06:56.400
Je vais essayer de distinguer clairement ces deux notions dans mon exposé.
00:06:57.080 --> 00:07:01.072
Revenons aux étiquettes utilisées dans CARE-PF et
00:07:01.072 --> 00:07:02.320
dans la pratique clinique.
00:07:02.760 --> 00:07:07.354
Ces étiquettes sont le fruit d’une approche essentiellement idéologique de la classification et de
00:07:07.354 --> 00:07:08.080
la nomenclature des maladies pulmonaires interstitielles.
00:07:09.000 --> 00:07:13.712
C’est en grande partie en nous fondant sur ces étiquettes idéologiques que nous avons abordé le traitement de ces
00:07:13.712 --> 00:07:14.120
maladies.
00:07:14.120 --> 00:07:18.276
Je constate cependant que les données et les nouvelles approches sont de plus en plus nombreuses à tendre vers
00:07:18.276 --> 00:07:22.224
d’autres modèles de classification qui pourraient être utiles sur le plan du
00:07:22.224 --> 00:07:22.640
traitement.
00:07:23.120 --> 00:07:25.480
Nous y reviendrons souvent au cours de cet exposé.
00:07:27.280 --> 00:07:31.554
En termes simples, qu’est-ce qu’on traite? La plupart des
00:07:31.554 --> 00:07:36.439
maladies que nous voyons et qui touchent les humains
00:07:36.439 --> 00:07:39.920
sont le résultat d’une prédisposition génétique. Elles ont un facteur déclencheur.
00:07:41.320 --> 00:07:44.429
Ce facteur peut être une exposition environnementale,
00:07:44.429 --> 00:07:48.712
le tabagisme, l’aspiration ou une maladie autoimmune, entre autres.
00:07:49.240 --> 00:07:53.470
Si en plus la personne a une prédisposition
génétique,
00:07:53.470 --> 00:07:58.533
qu’il s’agisse d’un polymorphisme du gène Muc5B ou d’un trouble lié aux télomères,
00:07:58.533 --> 00:08:04.360
ces prédispositions génétiques conduisent à la maladie.
00:08:05.240 --> 00:08:10.466
Cette maladie se manifeste ensuite par un certain nombre de signes que
00:08:10.466 --> 00:08:15.000
nous pouvons classer en quelques catégories.
00:08:15.000 --> 00:08:19.277
Ces signes comprennent des caractéristiques observables à la TDM ou à la biopsie,
00:08:19.277 --> 00:08:24.360
par exemple une opacité en verre dépoli ou en rayon de miel, une consolidation ou
une réticulation.
00:08:24.960 --> 00:08:29.977
Ces caractéristiques peuvent être regroupées dans un profil, comme celui de la pneumonie interstitielle commune
00:08:29.977 --> 00:08:33.000
ou celui de la pneumonie interstitielle non spécifique.
00:08:33.840 --> 00:08:40.120
Les manifestations sont des symptômes et des anomalies physiologiques.
00:08:40.840 --> 00:08:45.586
Puisque notre objectif est de traiter en agissant sur les mécanismes biologiques sous-jacents,
00:08:45.586 --> 00:08:46.080
il faut déterminer
00:08:47.200 --> 00:08:51.955
les parties de cet organigramme qui correspondent au mécanisme
00:08:51.955 --> 00:08:53.560
chez le patient.
00:08:54.080 --> 00:08:58.560
Et il y en a probablement plusieurs.
00:08:59.240 --> 00:09:05.099
Revenons aux déclencheurs. Par le passé, notre approche
00:09:05.099 --> 00:09:08.600
était fondée sur l’étiologie et le facteur déclencheur de la fibrose pulmonaire idiopathique.
00:09:08.600 --> 00:09:12.793
Même si on ne connaît pas le facteur déclencheur, on sait que le tabagisme est un
00:09:12.793 --> 00:09:15.660
facteur de risque. On sait aussi que des épisodes d’aspiration potentiellement répétés
00:09:15.660 --> 00:09:17.200
et le reflux sont des déclencheurs.
00:09:18.040 --> 00:09:22.754
Si l’étiologie sous-jacente est la fibrose pulmonaire idiopathique, la maladie sera traitée par antifibrotiques,
00:09:22.754 --> 00:09:26.640
mais en cas de maladie pulmonaire interstitielle autre que la fibrose pulmonaire idiopathique, elle sera traitée par immunosuppresseurs.
00:09:27.840 --> 00:09:31.608
De nombreuses études ont récemment été menées sur l’incidence possible de
00:09:31.608 --> 00:09:35.880
la génétique, dont une que je vous présenterai sous peu qui porte sur les télomères courts.
00:09:36.320 --> 00:09:40.535
Les données sur l’importance des télomères dans nos prises de décisions thérapeutiques sont
00:09:40.535 --> 00:09:41.800
de plus en plus nombreuses.
00:09:43.280 --> 00:09:46.320
Les caractéristiques et les profils pourraient offrir plus d’information pour orienter le choix du traitement.
00:09:46.680 --> 00:09:51.716
On sait que le profil de pneumonie interstitielle commune est associé à une
00:09:51.716 --> 00:09:56.261
fibrose progressive plus importante au fil du temps. Ce profil de maladie devrait donc logiquement
00:09:56.261 --> 00:10:00.499
faire l’objet d’un traitement antifibrotique plus énergique
00:10:00.499 --> 00:10:04.000
que les autres.
00:10:04.840 --> 00:10:09.979
Il y a cependant beaucoup de chevauchement entre les profils. Beaucoup d’études ont aussi récemment
00:10:09.979 --> 00:10:14.103
été menées sur le lien entre la physiologie et la fibrose pulmonaire progressive,
00:10:14.103 --> 00:10:19.242
qui peut être défini par la présence de symptômes et de caractéristiques observables à la TDM qui s’aggravent au fil du temps.
00:10:19.560 --> 00:10:24.118
Dans les faits, la définition de la fibrose pulmonaire progressive est fondée sur la
00:10:24.118 --> 00:10:24.680
physiologie
00:10:24.680 --> 00:10:27.560
et donc aussi sur des caractéristiques traitables.
00:10:29.560 --> 00:10:32.240
Qu’est-ce que la fibrose pulmonaire progressive?
00:10:32.600 --> 00:10:34.560
C’est un terme qui a plusieurs synonymes.
00:10:35.000 --> 00:10:39.230
Je pense que la tendance est à l’adoption du terme
« fibrose pulmonaire progressive » dans le domaine,
00:10:39.230 --> 00:10:42.160
bien que le terme « maladie pulmonaire interstitielle avec fibrose pulmonaire » était autrefois plus fréquent.
00:10:42.160 --> 00:10:44.782
Par le passé,
d’autres groupes ont voulu qu’on adopte
00:10:44.782 --> 00:10:48.879
« phénotype fibrosant progressif » ou « phénotype fibrosant progressif en dépit de
00:10:48.879 --> 00:10:49.480
la prise en charge ».
00:10:49.600 --> 00:10:51.600
Certains termes proposés étaient vraiment lourds.
00:10:52.200 --> 00:10:54.799
Je crois que « fibrose pulmonaire progressive » va
00:10:54.799 --> 00:10:55.120
s’implanter.
00:10:55.120 --> 00:10:56.720
C’est donc à celui-là que je vais m’en tenir.
00:10:58.120 --> 00:11:02.375
Ce terme désigne donc une entité un peu artificielle qui sous-entend des mécanismes biologiques précis
00:11:02.375 --> 00:11:06.200
plus susceptibles de répondre aux antifibrotiques actuels.
00:11:06.200 --> 00:11:09.590
Cette entité a en fait été créée par le
00:11:09.590 --> 00:11:14.069
secteur pharmaceutique lorsqu’il essayait de déterminer le rôle du
00:11:14.069 --> 00:11:18.609
nintedanib et de la pirfénidone chez les patients atteints d’autres types de
00:11:18.609 --> 00:11:19.760
fibrose pulmonaire.
00:11:20.800 --> 00:11:26.066
La définition de la fibrose pulmonaire progressive exclut généralement la fibrose pulmonaire idiopathique
00:11:28.080 --> 00:11:33.035
parce que nous savons, ou pensons savoir,
00:11:33.035 --> 00:11:35.080
que la fibrose pulmonaire idiopathique est progressive.
00:11:35.680 --> 00:11:37.920
À mon avis, ce n’est pas nécessairement le cas.
00:11:38.640 --> 00:11:44.536
Quoi qu’il en soit, la fibrose pulmonaire idiopathique est par définition considérée comme progressive et les autres maladies pulmonaires interstitielles
00:11:44.536 --> 00:11:47.560
fibrosantes qui ne sont pas des fibroses pulmonaires idiopathiques peuvent ou non être progressives.
00:11:48.080 --> 00:11:52.238
Cette entité a été créée pour accoler une étiquette aux patients dont la fibrose pulmonaire progressive
00:11:52.238 --> 00:11:55.160
est causée par autre chose qu’une fibrose pulmonaire idiopathique.
00:11:55.440 --> 00:11:59.585
Voici un bon exemple de patient dont la fibrose pulmonaire aurait progressé
00:11:59.585 --> 00:12:03.423
au fil de quelques années et dont la maladie correspond très clairement à la définition de
00:12:03.423 --> 00:12:07.517
la fibrose pulmonaire progressive, selon la TDM, mais dont la physiologie
00:12:07.517 --> 00:12:08.080
s’est aussi assurément détériorée.
00:12:08.080 --> 00:12:11.948
Par ailleurs,
différents critères ont été utilisés dans
00:12:11.948 --> 00:12:13.960
différentes études cliniques.
00:12:14.160 --> 00:12:18.485
L’étude INBULD qu’on voit en haut
et dont je vous présenterai des données
00:12:18.485 --> 00:12:23.291
sous peu, définit l’atteinte selon qu’elle est accompagnée d’une réduction significative de la capacité vitale forcée,
00:12:23.291 --> 00:12:26.535
d’une aggravation de l’état supérieure à 10 % sur 24 mois
00:12:26.535 --> 00:12:30.200
ou d’une aggravation dans deux ou trois autres domaines.
00:12:30.200 --> 00:12:35.919
Bref, une réduction légère de la capacité vitale forcée accompagnée de
symptômes, objectivée par TDM ou accompagnée de symptômes
00:12:35.919 --> 00:12:38.320
et objectivée par TDM.
00:12:39.160 --> 00:12:40.640
Voilà les critères de l’étude INBUILD.
00:12:41.160 --> 00:12:46.182
Une autre étude sur les maladies pulmonaires interstitielles inclassables, que nous aborderons également sous peu,
00:12:46.182 --> 00:12:51.264
définit l’atteinte selon qu’elle est accompagnée d’une réduction de la capacité vitale forcée d’au moins 5 % ou d’une aggravation des symptômes sur six mois,
00:12:51.264 --> 00:12:53.080
donc un intervalle plus court.
00:12:53.400 --> 00:12:57.000
Dans l’étude RELIEF, c’est aussi la variation
absolue de 5 % de la capacité vitale forcée qui a été utilisée comme critère.
00:12:57.000 --> 00:13:00.416
Dans l’étude TRAIL sur la polyarthrite rhumatoïde, d’autres critères physiologiques
00:13:00.416 --> 00:13:01.880
de progression ont également été utilisés.
00:13:03.720 --> 00:13:06.787
Tous ces
épisodes de progression
00:13:06.787 --> 00:13:11.600
sont survenus en situation réelle où de nombreux patients
00:13:11.600 --> 00:13:14.667
ont reçu des immunomodulateurs,
00:13:14.667 --> 00:13:19.480
ce qui est généralement considéré comme le traitement standard pour ces populations non atteintes de fibrose pulmonaire idiopathique.
00:13:21.520 --> 00:13:27.400
Voici la définition de la fibrose pulmonaire progressive dans les lignes directrices sur la maladie.
00:13:28.840 --> 00:13:32.359
Elles justifient l’utilisation de deux domaines
00:13:32.359 --> 00:13:34.739
pour des raisons dont nous pourrons
00:13:34.739 --> 00:13:37.120
discuter plus tard si nous en avons le temps.
00:13:37.840 --> 00:13:42.043
Bref, les lignes directrices exigent qu’au moins deux des trois critères suivants soient
00:13:42.043 --> 00:13:44.760
satisfaits dans un délai d’un an, sans autre explication.
00:13:45.320 --> 00:13:48.920
Ces trois critères, ou domaines, comprennent l’aggravation des symptômes,
00:13:48.920 --> 00:13:53.760
qui est assez vague pour permettre aux médecins de faire appel à leur jugement.
00:13:54.760 --> 00:13:59.522
Le deuxième est la présence d’un signe physiologique de progression de la maladie,
00:13:59.522 --> 00:14:02.720
c’est-à-dire une réduction de la capacité vitale forcée ou de la capacité de diffusion pulmonaire du monoxyde de carbone.
00:14:03.640 --> 00:14:09.160
Les seuils indiqués ici sont une réduction absolue de 5 % de la capacité vitale forcée ou de 10 % de la capacité de diffusion pulmonaire du monoxyde de carbone.
00:14:10.160 --> 00:14:13.756
Le troisième domaine est l’objectivation de l’aggravation par la radiologie.
00:14:13.756 --> 00:14:17.747
Ce critère est relativement bien détaillé dans les lignes directrices :
00:14:17.747 --> 00:14:22.074
une aggravation des bronchectasies par traction, une aggravation de l’opacité en verre dépoli accompagnée d’une traction qui
00:14:22.074 --> 00:14:25.390
sous-entend la présence d’une microfibrose non détectable avec la résolution de la TDM,
00:14:25.390 --> 00:14:28.088
une augmentation de la réticulation, une augmentation de la rugosité,
00:14:28.088 --> 00:14:30.279
la formation d’une opacité en rayon de miel ou l’augmentation de la perte de volume.
00:14:31.440 --> 00:14:36.547
Après mûre réflexion, le dernier point de la boîte
grise,
00:14:36.547 --> 00:14:41.654
soit le fait de recevoir ou d’avoir déjà reçu un traitement de fond, n’a pas été inclus
00:14:41.654 --> 00:14:42.880
dans la définition.
00:14:42.880 --> 00:14:46.688
On peut comprendre qu’au fur et à mesure que les approches thérapeutiques évoluent,
00:14:46.688 --> 00:14:51.892
il est de plus en plus difficile de savoir ce qui constitue un
00:14:51.892 --> 00:14:52.400
traitement de fond adéquat.
00:14:52.400 --> 00:14:56.416
C’est donc à dessein que cet élément n’a pas été inclus,
00:14:56.416 --> 00:14:59.822
de sorte que la définition de la fibrose pulmonaire progressive ne tient pas compte du
00:14:59.822 --> 00:15:03.280
traitement antérieur du patient.
00:15:05.160 --> 00:15:08.757
De nombreuses études ont été menées depuis
00:15:08.757 --> 00:15:12.240
la sortie des lignes directrices et de leurs critères.
00:15:12.240 --> 00:15:16.554
À mon avis, c’est un des avantages des lignes directrices qui proposent un nouveau critère,
00:15:16.554 --> 00:15:19.520
car elles permettent son évaluation.
00:15:19.520 --> 00:15:23.452
Je suis sûr que dans la prochaine version des lignes directrices sur la fibrose pulmonaire progressive des modifications
00:15:23.452 --> 00:15:26.141
auront été apportées aux critères,
mais la version actuelle permet au moins d’étudier
00:15:26.141 --> 00:15:26.439
ceux-ci.
00:15:27.400 --> 00:15:30.458
Comme je l’ai déjà dit,
il est communément admis que toutes les fibroses pulmonaires idiopathiques sont
00:15:30.458 --> 00:15:32.400
progressives, mais ce n’est pas vrai.
00:15:32.800 --> 00:15:37.433
C’est particulièrement faux si nous utilisons les traitements actuels
00:15:37.433 --> 00:15:40.047
et si nous appliquons les critères typiques de la fibrose pulmonaire progressive,
00:15:40.047 --> 00:15:44.206
qui n’ont généralement pas été appliqués à la fibrose pulmonaire idiopathique ou aux maladies pulmonaires interstitielles autres que la fibrose pulmonaire idiopathique.
00:15:44.206 --> 00:15:48.840
Le taux de progression peut atteindre 50 % au cours des deux premières années du suivi.
00:15:48.840 --> 00:15:52.159
Plusieurs études ont été menées sur la question. Je vais en citer quelques-unes
00:15:52.159 --> 00:15:53.880
auxquelles nous avons participé.
00:15:55.520 --> 00:16:00.337
Ces deux études portent sur des données du Registre canadien de la fibrose
00:16:00.337 --> 00:16:00.880
pulmonaire.
00:16:00.880 --> 00:16:04.066
Une des études
a été menée et publiée par le groupe Hamilton
00:16:04.066 --> 00:16:06.120
et l’autre a été menée par nous.
00:16:07.520 --> 00:16:12.975
Ces études portent sur le taux de progression ou le taux
00:16:12.975 --> 00:16:17.720
d’atteinte des critères de la fibrose pulmonaire progressive au fil du temps et sur le diagnostic d’autres maladies pulmonaires interstitielles.
00:16:18.520 --> 00:16:22.175
Comme vous pouvez le voir ici, nous avons inclus la
fibrose pulmonaire idiopathique en bleu,
00:16:22.175 --> 00:16:25.560
mais nous avons aussi inclus la pneumopathie d’hypersensibilité, la maladie pulmonaire interstitielle associée à une maladie du tissu conjonctif et les cas inclassables.
00:16:26.200 --> 00:16:29.854
Au cours des 24 mois suivant le diagnostic,
00:16:29.854 --> 00:16:34.854
environ la moitié des patients ont atteint les critères de progression selon la définition de l’échelle
00:16:34.854 --> 00:16:35.560
INBUILD.
00:16:36.360 --> 00:16:41.125
Pour des raisons évidentes, nous avons également inclus les patients décédés ou greffés parmi ceux dont l’état correspondait à la
00:16:41.125 --> 00:16:43.960
définition de la progression.
00:16:44.640 --> 00:16:48.920
Environ la moitié des patients atteints d’une maladie pulmonaire interstitielle fibrosante ont atteint les critères de la fibrose pulmonaire progressive
00:16:48.920 --> 00:16:50.680
au cours des deux ans suivant le diagnostic.
00:16:52.800 --> 00:16:57.480
Une fois les critères de la fibrose pulmonaire progressive atteints, l’issue n’est pas favorable.
00:16:58.080 --> 00:17:04.232
Chez ces patients, nous avons évalué le taux de survie ou de survie sans greffe
00:17:04.232 --> 00:17:09.560
après l’atteinte des critères de fibrose pulmonaire progressive en nous fondant sur différentes définitions de la progression.
00:17:10.880 --> 00:17:15.680
L’atteinte des critères de la fibrose pulmonaire progressive correspond à la ligne noire continue.
00:17:16.400 --> 00:17:20.796
Comme on peut le voir, environ 40 % des personnes sont décédées ou ont été greffées dans un délai de
00:17:20.796 --> 00:17:22.720
cinq ans suivant l’atteinte de ces critères.
00:17:23.360 --> 00:17:30.261
Le pourcentage de patients ayant atteint le critère de survie sans greffe
00:17:30.261 --> 00:17:36.560
et les critères des autres définitions de la fibrose pulmonaire progressive sont semblables.
00:17:37.440 --> 00:17:39.280
Ces données sont comparables à celles sur la fibrose pulmonaire idiopathique.
00:17:39.680 --> 00:17:43.376
L’issue globale de ces patients est donc semblable à celle des patients atteints de fibrose pulmonaire
00:17:43.376 --> 00:17:43.760
idiopathique.
00:17:45.960 --> 00:17:50.487
Un des points importants à tirer de cette figure, même s’il n’est pas évident, c’est
00:17:50.487 --> 00:17:54.613
qu’au moins la moitié des patients ont atteint les critères d’une des
00:17:54.613 --> 00:17:57.880
quatre définitions,
mais seulement 17 % ont atteint les critères des quatre définitions.
00:17:58.400 --> 00:18:02.407
Ces définitions de la progression ne se recoupent donc
00:18:02.407 --> 00:18:04.920
pas beaucoup.
00:18:06.280 --> 00:18:10.184
Et parmi ceux dont la maladie a progressé selon certains de ces critères d’études cliniques,
00:18:10.184 --> 00:18:13.360
seulement la moitié ont atteint le stade de la progression selon les critères des lignes directrices.
00:18:14.080 --> 00:18:18.128
Bref, quelle que soit la définition de la progression que vous utilisez,
00:18:18.128 --> 00:18:21.862
vous exclurez une grande partie de la population dont l’état a
00:18:21.862 --> 00:18:23.440
progressé selon d’autres critères.
00:18:24.880 --> 00:18:28.009
À mon avis, il faut donc faire preuve de souplesse
00:18:28.009 --> 00:18:31.560
quand on applique des ensembles de critères précis à nos patients.
00:18:34.920 --> 00:18:39.885
Cette étude a été menée aux États-Unis et dans certains centres du Royaume-Uni
sur différents
00:18:39.885 --> 00:18:42.877
sujets,
dont la fréquence de l’atteinte
00:18:42.877 --> 00:18:47.543
de critères de progression différents et l’incidence sur le pronostic de l’atteinte
00:18:47.543 --> 00:18:48.920
de chacun des critères.
00:18:50.520 --> 00:18:54.520
L’étude visait à évaluer de nombreux critères de progression possibles.
00:18:54.880 --> 00:18:59.740
La liste ci-dessous contient les réductions de la capacité vitale forcée selon différents seuils
00:18:59.740 --> 00:19:04.864
de capacité de diffusion pulmonaire du monoxyde de carbone, selon la détérioration objectivée par TDM, selon la détérioration de la physiologie, selon l’aggravation des symptômes,
00:19:04.864 --> 00:19:09.199
selon l’aggravation objectivée par TDM accompagnée de l’aggravation des symptômes, selon la détérioration des résultats des tests de la fonction pulmonaire, etc.
00:19:10.120 --> 00:19:14.389
Ce qu’on peut voir ici c’est que la valeur de p
00:19:14.389 --> 00:19:17.360
dans presque tous les cas est inférieure à 0,05.
00:19:17.880 --> 00:19:23.743
Autrement dit, tous ces critères et toutes ces combinaisons de critères
00:19:23.743 --> 00:19:25.960
ont une valeur pronostique.
00:19:28.080 --> 00:19:31.711
La fréquence de l’atteinte de chacun de ces critères
00:19:31.711 --> 00:19:34.840
varie.
00:19:35.240 --> 00:19:40.349
Les critères ou ensembles de critères en jaune
00:19:40.349 --> 00:19:45.320
sont ceux qui correspondent aux critères de progression.
00:19:46.440 --> 00:19:52.765
Les cas encadrés par la ligne pointillée rouge ont également présenté une réduction relative de la capacité vitale forcée
00:19:52.765 --> 00:19:54.080
d’au moins 10 %.
00:19:54.880 --> 00:19:59.782
Les critères en jaune qui ne sont pas entourés par la ligne pointillée rouge sont ceux dont l’utilisation
00:19:59.782 --> 00:20:02.040
a des avantages additionnels.
00:20:03.040 --> 00:20:07.533
L’utilisation de chacun de ces critères de progression a un avantage puisqu’ils permettent de
00:20:07.533 --> 00:20:09.320
conclure à la progression de la maladie chez un plus grand nombre de patients.
00:20:09.320 --> 00:20:12.489
Or,
aucun critère
00:20:12.489 --> 00:20:17.000
n’est parfait pour conclure à la progression. Voilà pourquoi il faut se pencher sur plusieurs domaines.
00:20:20.640 --> 00:20:25.135
L’importance de ces critères peut donc aussi varier
00:20:25.135 --> 00:20:28.640
selon le sous-type de maladie pulmonaire interstitielle,
00:20:28.640 --> 00:20:30.720
même si cette variation est probablement moins importante qu’on le penserait.
00:20:31.360 --> 00:20:35.000
Ce groupe-ci est formé de la même population.
00:20:35.440 --> 00:20:38.437
Si on regarde l’ensemble des cas de fibrose pulmonaire idiopathique, à gauche,
00:20:38.437 --> 00:20:43.000
on constate que les patients ont un taux de survie
inférieur à celui des patients atteints des autres soustypes de maladie pulmonaire interstitielle.
00:20:44.120 --> 00:20:48.087
Par contre, si on ajuste le résultat pour tenir compte de la progression antérieure,
00:20:48.087 --> 00:20:52.999
la différence s’estompe et la fibrose pulmonaire idiopathique finit par se retrouver au
00:20:52.999 --> 00:20:53.440
milieu.
00:20:54.360 --> 00:20:58.300
Ainsi, la progression antérieure est un facteur de risque accru de
00:20:58.300 --> 00:21:01.000
progression, quel que soit le diagnostic clinique.
00:21:03.120 --> 00:21:07.617
Le dernier point que je vais aborder sur ce sujet est la trajectoire de la fonction pulmonaire
00:21:07.617 --> 00:21:11.160
chez les patients atteints de fibrose pulmonaire progressive.
00:21:11.160 --> 00:21:13.586
Ces données proviennent des mêmes centres aux États-Unis et au Royaume-Uni,
00:21:13.586 --> 00:21:14.800
mais elles sont tirées d’un article différent.
00:21:15.720 --> 00:21:20.880
L’analyse porte sur les mêmes critères de progression.
00:21:21.520 --> 00:21:25.056
On voit que lorsque les critères de progression sont atteints,
00:21:25.056 --> 00:21:28.920
la réduction de la capacité vitale forcée devient de plus en plus importante.
00:21:29.800 --> 00:21:33.520
En cas de réduction antérieure de la capacité vitale forcée, la réduction s’accentue donc en général.
00:21:33.960 --> 00:21:37.309
Cependant,
les chiffres dans les deux boîtes
00:21:37.309 --> 00:21:40.199
rouges
traduisent une grande variation,
00:21:40.199 --> 00:21:45.387
soit de seulement 8 mL à plus de
00:21:45.387 --> 00:21:48.080
150 mL au cours de l’année suivante.
00:21:48.080 --> 00:21:51.600
L’éventail des réductions est donc assez large.
00:21:53.840 --> 00:21:58.383
L’élément le plus intéressant de cette figure est la partie en vert.
00:21:58.383 --> 00:22:02.694
Les patients qui avaient déjà atteint les critères de progression selon
00:22:02.694 --> 00:22:05.898
la réduction de leur capacité vitale forcée sont ceux dont la maladie ne progresse pas
00:22:05.898 --> 00:22:08.520
beaucoup au cours des quelques années suivantes.
00:22:10.000 --> 00:22:13.050
Cela suggère
une certaine réduction
00:22:13.050 --> 00:22:13.680
vers les moyennes.
00:22:13.680 --> 00:22:17.859
Ainsi, si la capacité vitale forcée diminue considérablement entre deux consultations,
00:22:17.859 --> 00:22:22.457
mais sans aggravation des symptômes et sans aggravation objectivée par TDM,
00:22:22.457 --> 00:22:25.263
cette réduction est un cas isolé.
00:22:25.263 --> 00:22:30.160
Le résultat du prochain test de la fonction pulmonaire sera probablement meilleur que prévu.
00:22:30.160 --> 00:22:35.316
La progression de la maladie ne se poursuivra pas au même rythme si les symptômes et les TDM
00:22:35.316 --> 00:22:36.360
sont stables.
00:22:36.840 --> 00:22:39.870
Selon moi, ce phénomène est le résultat de la variabilité inhérente des
00:22:39.870 --> 00:22:40.520
tests de la fonction pulmonaire.
00:22:42.640 --> 00:22:47.530
Ma définition de la fibrose pulmonaire progressive est donc plus souple que celle
00:22:47.530 --> 00:22:48.520
des lignes directrices.
00:22:49.240 --> 00:22:53.680
Mes critères sont une réduction très importante de la capacité vitale forcée ou une détérioration très importante objectivée par TDM.
00:22:53.960 --> 00:22:57.920
Pour moi, une réduction très importante est une réduction absolue de la capacité vitale forcée supérieure à 5 à 8 %.
00:22:59.880 --> 00:23:05.015
Il y a une distinction importante à faire entre la réduction absolue et la
00:23:05.015 --> 00:23:10.292
réduction relative de la capacité vitale forcée, comme on le voit ici. Un autre de mes critères est la progression
00:23:10.292 --> 00:23:14.999
modeste dans plusieurs domaines, par exemple les résultats du test de la fonction pulmonaire ou de la TDM.
00:23:15.480 --> 00:23:20.310
Je n’utilise généralement pas la toux comme critère d’évaluation de la gravité ou de la progression parce
00:23:20.310 --> 00:23:21.920
qu’elle peut être très variable.
00:23:24.120 --> 00:23:26.915
Maintenant, passons au
00:23:26.915 --> 00:23:28.560
traitement de la fibrose pulmonaire.
00:23:31.280 --> 00:23:34.026
Je le mentionne sans m’y attarder,
00:23:34.026 --> 00:23:36.233
mais en plus des médicaments
00:23:36.233 --> 00:23:38.391
il existe de nombreux traitements non pharmacologiques
00:23:38.391 --> 00:23:42.265
ou autres dont il faut
00:23:42.265 --> 00:23:42.560
parler.
00:23:42.560 --> 00:23:45.613
Je passe rapidement sur ceux-ci parce qu’ils
00:23:45.613 --> 00:23:50.254
sont bien connus.
00:23:50.560 --> 00:23:53.360
Ils devraient déjà faire partie de notre pratique courante.
00:23:55.520 --> 00:23:57.520
Comment traitait-on autrefois la fibrose pulmonaire?
00:23:57.960 --> 00:24:02.440
Avant 2018, comme je l’ai déjà mentionné, la fibrose pulmonaire idiopathique était traitée par antifibrotiques.
00:24:02.480 --> 00:24:06.761
Cette pratique était appuyée par des données fiables tirées d’études cliniques
00:24:06.761 --> 00:24:09.320
tant sur le nintedanib que sur la pirfénidone.
00:24:10.040 --> 00:24:14.930
Pour les maladies pulmonaires interstitielles autres que les fibroses pulmonaires idiopathiques, les données sont moins fiables, mais elles appuient généralement l’utilisation
00:24:14.930 --> 00:24:18.360
d’immunomodulateurs ou d’immunosuppresseurs.
00:24:18.800 --> 00:24:23.183
Dans le milieu, je pense que la norme est maintenant le mycophénolate,
00:24:23.183 --> 00:24:27.681
bien que des immunosuppresseurs plus puissants ou à délai d’action plus court
00:24:27.681 --> 00:24:31.040
puissent également être envisagés dans certaines situations.
00:24:31.960 --> 00:24:35.247
Les données sont moins fiables à cet égard,
et une grande partie a été extrapolée à partir de
00:24:35.247 --> 00:24:38.720
données sur la maladie pulmonaire interstitielle associée à une maladie du tissu conjonctif, notamment la sclérodermie.
00:24:40.640 --> 00:24:43.572
Depuis, beaucoup de changements ont été apportés à cette approche.
00:24:43.572 --> 00:24:45.360
Voici le raisonnement derrière ces changements.
00:24:45.760 --> 00:24:48.778
D’abord,
quand le comportement pathologique est semblable,
00:24:48.778 --> 00:24:52.579
il se peut que les mécanismes biologiques le soient aussi.
Une grande partie des maladies abordées jusqu’à présent
00:24:52.579 --> 00:24:54.479
ont un comportement pathologique semblable.
00:24:55.080 --> 00:24:59.517
Je crois que ce raisonnement est erroné, sauf dans des
00:24:59.517 --> 00:25:00.120
situations précises.
00:25:00.960 --> 00:25:04.721
Si le raisonnement est probablement bon dans ce cas-ci, c’est parce qu’il y a beaucoup de
00:25:04.721 --> 00:25:08.106
chevauchement et beaucoup d’inconnus en ce qui concerne les mécanismes biologiques des différents sous-types de
00:25:08.106 --> 00:25:09.000
fibrose pulmonaire.
00:25:09.120 --> 00:25:13.733
De plus, les antifibrotiques existants, soit le nintedanib et la pirfénidone, sont
00:25:13.733 --> 00:25:18.466
plutôt non sélectifs et ciblent donc des parties de la voie de la fibrose
00:25:18.466 --> 00:25:22.720
qu’on retrouve relativement souvent dans les différents sous-types de fibrose pulmonaire.
00:25:23.640 --> 00:25:28.181
Ces trois points, et surtout les deux derniers, ont servi de
00:25:28.181 --> 00:25:32.440
fondement aux études cliniques que je vous présenterai très brièvement.
00:25:33.600 --> 00:25:37.472
Vous connaissez probablement tous l’étude INBUILD,
00:25:37.472 --> 00:25:39.720
qui a été menée il y a cinq ou six ans.
00:25:40.400 --> 00:25:45.128
La population étudiée était formée de 663 patients atteints d’une maladie pulmonaire interstitielle autre que la fibrose pulmonaire idiopathique fibrosante
00:25:45.128 --> 00:25:47.560
et ne prenant pas d’immunosuppresseurs en traitement de fond.
00:25:48.040 --> 00:25:51.372
Pour participer, il fallait présenter une maladie plus que minimale selon la TDM,
00:25:51.372 --> 00:25:56.063
une maladie légère à modérée selon les tests de la fonction pulmonaire et une progression selon les
00:25:56.063 --> 00:25:57.359
critères décrits précédemment.
00:25:58.840 --> 00:26:02.458
L’intervention reposait sur l’administration d’un traitement provisoire ou d’un placebo pendant un an. Le paramètre
00:26:02.458 --> 00:26:04.360
d’évaluation principal était la variation de la capacité vitale forcée sur un an.
00:26:05.600 --> 00:26:09.840
Chez environ deux tiers des patients, la maladie avait un profil évoquant la pneumonie interstitielle commune à la TDM.
00:26:09.840 --> 00:26:12.040
Ces cas étaient donc définis comme des cas de pneumonie interstitielle commune ou de pneumonie interstitielle commune probable.
00:26:13.120 --> 00:26:17.557
Les données démographiques que vous voyez ici sont assez prévisibles dans ce type de
00:26:17.557 --> 00:26:18.200
population d’étude.
00:26:18.800 --> 00:26:23.268
Environ un quart des patients étaient atteints de pneumopathie d’hypersensibilité et un quart étaient atteints
d’une maladie auto-immune, selon
00:26:23.268 --> 00:26:24.800
les combinaisons dans cette liste.
00:26:25.520 --> 00:26:29.760
Au total, 20 % présentaient une pneumopathie interstitielle non spécifique idiopathique, ce dont nous parlerons plus tard.
00:26:29.760 --> 00:26:31.080
C’est un peu ma bête noire.
00:26:31.080 --> 00:26:34.720
Environ 20 % étaient atteints d’une maladie pulmonaire interstitielle inclassable.
00:26:36.200 --> 00:26:40.045
Comme nous le savons probablement tous,
le résultat de l’analyse primaire était positif dans
00:26:40.045 --> 00:26:44.751
cette étude, ce qui a révélé que le nintedanib est supérieur au placebo pour prévenir la réduction future
00:26:44.751 --> 00:26:45.440
de la capacité vitale forcée.
00:26:46.200 --> 00:26:50.002
Par ailleurs, l’importance des bienfaits était assez semblable à ceux qui avaient été observés chez les patients atteints
00:26:50.002 --> 00:26:51.880
de fibrose pulmonaire idiopathique dans les études INPULSIS précédentes.
00:26:53.400 --> 00:26:58.283
Dans les sous-groupes,
les patients dont la maladie avait un profil évoquant la pneumonie interstitielle commune ont obtenu un
00:26:58.283 --> 00:27:03.590
peu plus de bienfaits que les patients dont la maladie avait
00:27:03.590 --> 00:27:05.360
un autre profil.
00:27:06.560 --> 00:27:09.137
Fait important,
ces patients ont quand même obtenu
00:27:09.137 --> 00:27:11.200
des bienfaits,
quoique moins importants.
00:27:12.880 --> 00:27:18.080
Passons maintenant à l’étude sur les maladies pulmonaires interstitielles inclassables, qui est très intéressante.
00:27:18.080 --> 00:27:23.812
Elle a été menée auprès de 253 patients atteints d’une maladie pulmonaire interstitielle inclassable ou dont le diagnostic
00:27:23.812 --> 00:27:28.298
était incertain.
Pour participer, les critères de progression
00:27:28.298 --> 00:27:31.040
ou d’autres critères semblables devaient être atteints.
00:27:31.040 --> 00:27:34.998
L’étude portait sur
l’administration de pirfénidone ou d’un placebo pendant 24 semaines,
00:27:34.998 --> 00:27:36.040
donc seulement la moitié d’une année.
00:27:37.000 --> 00:27:41.832
Le paramètre d’évaluation principal était la variation de la capacité vitale forcée mesurée par spirométrie quotidienne à domicile sur une période de
00:27:41.832 --> 00:27:42.200
24 semaines.
00:27:43.160 --> 00:27:46.168
Si on devait mener une étude,
on n’adopterait probablement plus cette
méthodologie.
00:27:47.200 --> 00:27:52.943
Cette étude présentait des problèmes sur le plan de la fiabilité technique et des
00:27:52.943 --> 00:27:56.560
résultats, qui étaient soit non plausibles, soit inconcevables physiologiquement.
00:27:56.760 --> 00:28:00.389
À titre d’exemple,
la capacité vitale forcée d’un patient a augmenté de
00:28:00.389 --> 00:28:04.080
35 litres, selon les données générées par l’étude.
00:28:04.760 --> 00:28:06.040
C’est évidemment impossible.
00:28:07.040 --> 00:28:10.692
En raison de ce problème,
les auteurs n’ont pas pu analyser les
00:28:10.692 --> 00:28:13.360
données à l’aide de leur plan d’analyse préétabli.
00:28:13.360 --> 00:28:18.474
Techniquement, il s’agit donc d’une étude négative parce que les auteurs n’ont pas pu procéder à
00:28:18.474 --> 00:28:21.000
l’évaluation préétablie du paramètre principal.
00:28:22.160 --> 00:28:25.050
En revanche, si on regarde les résultats des spirométries
réalisées au centre,
00:28:25.050 --> 00:28:29.784
qui est la façon de procéder dans toutes les autres études cliniques menées dans
00:28:29.784 --> 00:28:32.797
cette région,
l’étude est très positive.
00:28:33.880 --> 00:28:38.056
La pirfénidone s’est révélée supérieure au placebo par presque 100 millilitres, même si
00:28:38.056 --> 00:28:39.960
l’étude n’a duré que 24 semaines.
00:28:40.240 --> 00:28:45.594
Je considérerais donc que cette étude est positive relativement à ses paramètres d’évaluation
secondaires
00:28:45.594 --> 00:28:47.680
et non en général.
00:28:47.680 --> 00:28:52.526
Un élément intéressant de cette étude est que les patients qui prenaient du
00:28:52.526 --> 00:28:57.170
mycophénolate en traitement de fond n’ont obtenu aucun bienfait apparent, tandis que les autres
00:28:57.170 --> 00:29:00.200
ont obtenu des bienfaits.
00:29:00.640 --> 00:29:03.040
La raison n’est pas tout à fait claire.
00:29:03.040 --> 00:29:07.243
Je me demande si les patients qui prenaient du mycophénolate n’avaient pas une maladie moins
00:29:07.243 --> 00:29:08.160
fibrosante que les autres.
00:29:08.840 --> 00:29:13.040
Ils devaient présenter une certaine fibrose, mais leur maladie était probablement moins
00:29:13.040 --> 00:29:17.080
fibrosante. Les bienfaits de la pirfénidone sont probablement supérieurs chez les
00:29:17.080 --> 00:29:20.695
patients qui ont plus de fibrose et à qui on est moins susceptibles de proposer du
00:29:20.695 --> 00:29:21.440
mycophénolate.
00:29:23.480 --> 00:29:27.068
Des problèmes différents ont été observés dans l’étude RELIEF,
00:29:27.068 --> 00:29:29.760
mais son résultat était finalement semblable.
00:29:30.520 --> 00:29:35.911
La population de cette étude était formée de
127 patients ayant obtenu un diagnostic. Comme on peut le voir ici,
00:29:35.911 --> 00:29:38.280
les critères d’admission étaient semblables.
00:29:38.920 --> 00:29:43.456
L’équipe de cette étude menée uniquement en Allemagne a connu des difficultés de recrutement qui ont
00:29:43.456 --> 00:29:44.840
mené à son interruption prématurée.
00:29:45.720 --> 00:29:48.963
Malgré cela,
la pirfénidone s’est révélée supérieure au placebo pour
00:29:48.963 --> 00:29:50.320
prévenir la réduction de la capacité vitale forcée.
00:29:50.600 --> 00:29:53.635
Ce résultat a également été observé suivant l’application de quelques méthodes d’analyse différentes.
00:29:53.635 --> 00:29:56.960
La méthodologie n’est toutefois pas aussi rigoureuse qu’on le souhaiterait.
00:29:56.960 --> 00:30:02.591
La valeur générale de
cette étude clinique ne fait donc
00:30:02.591 --> 00:30:04.200
pas l’unanimité.
00:30:04.600 --> 00:30:07.446
Cependant, il s’agit encore une fois d’une étude positive
00:30:07.446 --> 00:30:11.360
montrant que la pirfénidone est supérieure au placebo pour prévenir la réduction de la capacité vitale forcée.
00:30:13.320 --> 00:30:18.876
Son résultat a été l’intégration aux lignes directrices de recommandations sur le traitement de la fibrose pulmonaire progressive
00:30:18.876 --> 00:30:22.400
par le nintedanib.
00:30:22.400 --> 00:30:27.235
Comme on peut le voir ici, 29 % des membres du comité ont voté fortement en faveur du
00:30:27.235 --> 00:30:30.306
nintedanib,
62 % ont voté faiblement en faveur du nintedanib et 9%
00:30:30.306 --> 00:30:30.959
se sont abstenus.
00:30:31.640 --> 00:30:36.686
Ceux qui se sont abstenus ne se sentaient généralement
00:30:36.686 --> 00:30:42.302
pas assez compétents pour commenter les données, souvent
00:30:42.302 --> 00:30:48.059
parce qu’ils étaient pathologistes et qu’ils n’avaient pas traité de patients depuis 40 ans. Ils pensaient
00:30:48.059 --> 00:30:52.040
donc qu’ils ne pouvaient pas se prononcer sur la pirfénidone.
00:30:52.040 --> 00:30:56.470
Cette discussion intéressante du comité des lignes directrices a mené à une
00:30:56.470 --> 00:30:59.778
recommandation pour la poursuite de la recherche sur
la pirfénidone.
00:30:59.778 --> 00:31:04.149
C’est malheureux, puisqu’il n’y aura pas
00:31:04.149 --> 00:31:07.517
d’autres recherches sur l’efficacité de la pirfénidone,
00:31:07.517 --> 00:31:09.880
le brevet de ce médicament étant échu.
00:31:11.160 --> 00:31:14.567
Fait intéressant, 62 % des membres du comité ont voté en faveur de
00:31:14.567 --> 00:31:16.680
la pirfénidone et 38 % se sont abstenus.
00:31:16.680 --> 00:31:20.025
Encore une fois,
un grand nombre d’entre eux ne croyaient pas
00:31:20.025 --> 00:31:25.310
qu’ils étaient suffisamment compétents ou n’ont pas trouvé de réponses à leurs questions sur les données des
00:31:25.310 --> 00:31:29.726
études cliniques précédentes au cours des
00:31:29.726 --> 00:31:34.878
discussions relativement brèves du
00:31:34.878 --> 00:31:35.279
comité.
00:31:36.040 --> 00:31:39.875
La raison pour laquelle la poursuite de la recherche a été recommandée est
00:31:39.875 --> 00:31:43.760
que l’American Thoracic Society exigeait un vote de plus de 80 % des membres du comité.
00:31:44.200 --> 00:31:47.259
Ainsi, même si la recommandation faisait l’unanimité,
00:31:47.259 --> 00:31:49.457
le pourcentage de membres du comité qui ont voté n’atteignait pas 80 %. Par conséquent,
00:31:49.457 --> 00:31:50.880
il s’agit d’une recommandation négative.
00:31:53.680 --> 00:31:59.352
En ce qui concerne l’immunosuppression dans le traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique, je vais juste présenter une diapositive sur
00:31:59.352 --> 00:32:00.080
l’étude IPFnet.
00:32:00.600 --> 00:32:04.638
Cette étude visait à comparer la prednisone, l’azathioprine et la N-acétylcystéine au placebo
00:32:04.638 --> 00:32:05.800
chez des patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique.
00:32:06.280 --> 00:32:09.681
Comme on peut le voir ici,
il y avait beaucoup d’effets indésirables,
00:32:09.681 --> 00:32:12.800
surtout au début lorsque les doses de prednisone étaient plus fortes.
00:32:13.680 --> 00:32:17.764
Le taux d’hospitalisations et de décès était plus élevé chez les patients traités que chez les patients
00:32:17.764 --> 00:32:18.760
recevant le placebo.
00:32:19.440 --> 00:32:23.600
Les doses modérées d’immunosuppresseurs sont donc nuisibles dans la prise en charge chronique de
la fibrose pulmonaire idiopathique.
00:32:25.640 --> 00:32:29.600
La longueur des télomères a fait l’objet d’observations intéressantes. Je ne sais pas si
00:32:29.600 --> 00:32:32.288
elles ont été expliquées, mais elles reviennent dans
00:32:32.288 --> 00:32:35.515
plusieurs études.
Il y a donc probablement beaucoup de vérité
00:32:35.515 --> 00:32:36.200
dans ces observations.
00:32:37.080 --> 00:32:42.614
Le contexte est celui d’une analyse rétrospective de patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique ayant participé à l’étude PANTHER,
00:32:42.614 --> 00:32:45.040
à l’étude ACE-IPF et à une recherche menée en milieu universitaire.
00:32:45.040 --> 00:32:48.760
L’étude ACE-IPF menée sur la warfarine il y a une quinzaine d’années
00:32:50.120 --> 00:32:53.470
a révélé ce qui suit : à gauche,
00:32:53.470 --> 00:32:58.222
ce sont les patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique dont les télomères sont courts, et à droite, les patients
00:32:58.222 --> 00:33:00.719
dont les télomères sont de longueur normale ou anormale.
00:33:01.160 --> 00:33:04.450
Parmi les patients aux télomères courts,
00:33:04.450 --> 00:33:09.910
ceux qui ont reçu un immunosuppresseur, en bleu, ont obtenu de moins bons résultats que ceux qui ont reçu
00:33:09.910 --> 00:33:10.960
le placebo, en rouge.
00:33:11.960 --> 00:33:16.447
L’immunosuppression n’a pas été observée chez les
00:33:16.447 --> 00:33:18.720
patients dont la longueur des télomères était normale.
00:33:19.200 --> 00:33:23.313
Il semble donc qu’il y ait un lien entre l’immunosuppression et la longueur des télomères.
00:33:23.313 --> 00:33:27.062
La présence de ce facteur chez un patient atteint de fibrose pulmonaire idiopathique
00:33:27.062 --> 00:33:28.000
a des effets négatifs.
00:33:30.320 --> 00:33:32.720
Notons
qu’on observe le même phénomène,
00:33:32.880 --> 00:33:35.435
bien que l’image ne soit pas aussi nette sur ce graphique,
00:33:35.435 --> 00:33:37.640
chez les patients atteints de pneumopathie d’hypersensibilité :
00:33:38.080 --> 00:33:42.421
le taux de survie est moins élevé chez ceux dont les télomères sont courts. De plus, ces patients tirent moins
00:33:42.421 --> 00:33:44.920
de bienfaits de l’immunosuppression.
00:33:45.480 --> 00:33:46.760
Tenons-nous-en à cela.
00:33:46.960 --> 00:33:50.836
Cette figure est un peu plus compliquée à interpréter que celle de
00:33:50.836 --> 00:33:54.031
la diapositive précédente,
mais elle montre un lien semblable entre
00:33:54.031 --> 00:33:57.960
les télomères courts et la suppression immunitaire dans différents sous-types de maladies pulmonaires interstitielles.
00:33:59.640 --> 00:34:03.259
En résumé, l’immunosuppression semble être plus néfaste
00:34:03.259 --> 00:34:05.960
et moins bénéfique chez les patients dont les télomères sont courts.
00:34:07.960 --> 00:34:10.440
Maintenant,
Comment traite-t-on la fibrose pulmonaire?
00:34:10.440 --> 00:34:14.838
Si on part du principe que la fibrose pulmonaire idiopathique est traitée par antifibrotiques
00:34:14.838 --> 00:34:19.589
et que les autres maladies pulmonaires interstitielles sont traitées par immunomodulateurs,
00:34:19.589 --> 00:34:24.046
les maladies pulmonaires interstitielles autres que la fibrose pulmonaire idiopathique qui sont progressives, particulièrement sur le plan de la
00:34:24.046 --> 00:34:27.213
fibrose,
devraient pouvoir être traitées
00:34:27.213 --> 00:34:28.679
par antifibrotiques.
00:34:28.680 --> 00:34:31.987
Dans cette situation, je recommanderais le nintedanib et ensuite la pirfénidone,
00:34:31.987 --> 00:34:35.380
même si le nintedanib est le seul qui est approuvé par Santé Canada
00:34:35.380 --> 00:34:35.720
à ce jour.
00:34:37.240 --> 00:34:39.976
Pour creuser un peu plus,
00:34:39.976 --> 00:34:44.353
le côté droit de ce diagramme soulève des questions
00:34:44.353 --> 00:34:44.840
importantes.
00:34:45.320 --> 00:34:49.351
Première question : est-ce que prescrire par défaut des immunomodulateurs en
00:34:49.351 --> 00:34:51.040
première intention est sécuritaire?
00:34:51.040 --> 00:34:54.291
Chez les patients dont les télomères sont courts,
00:34:54.291 --> 00:34:56.680
ces médicaments ne sont peut-être pas sûrs.
00:34:56.680 --> 00:35:01.480
La question est d’autant plus importante qu’on ne dispose que de très peu de données appuyant leur choix.
00:35:04.400 --> 00:35:06.849
Deuxième question en lien avec la première : est-ce que des antifibrotiques
00:35:06.849 --> 00:35:09.080
devraient être prescrits en première intention chez certains patients?
00:35:09.120 --> 00:35:11.640
Peut-être devrions-nous inverser ces deux cases?
00:35:12.880 --> 00:35:15.823
Troisième question :
est-ce que commencer par des immunomodulateurs et des
00:35:15.823 --> 00:35:20.333
antibiotiques serait convenable
00:35:20.333 --> 00:35:22.400
chez certains patients?
00:35:23.480 --> 00:35:25.940
Quatrième question :
y a-t-il des patients qui
00:35:25.940 --> 00:35:29.567
n’ont pas besoin de traitement, même si nous ne sommes pas encore en mesure
00:35:29.567 --> 00:35:30.560
de les identifier?
00:35:31.120 --> 00:35:34.949
Je vais tenter de répondre à ces quatre questions d’ici la fin
00:35:34.949 --> 00:35:35.440
de ma présentation.
00:35:36.960 --> 00:35:41.264
Le traitement actuel des maladies pulmonaires interstitielles fibrosantes
00:35:41.264 --> 00:35:46.482
constitue une évolution par rapport à l’approche de prise en charge
00:35:46.482 --> 00:35:50.200
fondée sur l’étiologie qui avait cours autour de 2018.
00:35:51.360 --> 00:35:54.859
Selon moi, nous évoluons vers une approche de prise en charge
00:35:54.859 --> 00:35:56.160
fondée sur la morphologie.
00:35:56.240 --> 00:35:58.753
Cette approche repose sur l’évaluation d’un éventail d’indices cliniques,
00:35:58.753 --> 00:36:02.680
radiologiques et pathologiques pour déterminer la probabilité de l’obtention d’une réponse
00:36:02.680 --> 00:36:04.879
aux différents types de médicaments.
00:36:06.160 --> 00:36:10.686
À mon avis,
00:36:10.686 --> 00:36:12.920
cette probabilité se détermine en deux étapes.
00:36:13.640 --> 00:36:19.418
La première consiste à établir le potentiel des traitements à court terme à
00:36:19.418 --> 00:36:23.680
faire régresser les maladies pulmonaires interstitielles qui progressent rapidement ou à faire régresser rapidement les maladies pulmonaires interstitielles.
00:36:23.680 --> 00:36:29.198
La deuxième est d’augmenter le nombre de traitements à long terme qui sont utilisés pour ralentir
00:36:29.198 --> 00:36:30.360
la progression de ces maladies.
00:36:32.000 --> 00:36:37.267
Je n’entrerai pas dans les détails, mais on avance vers une approche
00:36:37.267 --> 00:36:41.710
de prise en charge des caractéristiques traitables, qui est très populaire dans d’autres domaines
00:36:41.710 --> 00:36:46.915
depuis quelques années et qui s’appliquerait bien au
00:36:46.915 --> 00:36:50.152
traitement à court terme visant la régression rapide
des maladies pulmonaires interstitielles.
00:36:50.152 --> 00:36:55.293
Les éléments à envisager au moment de prescrire ces types de
00:36:55.293 --> 00:36:58.149
traitements se divisent en caractéristiques cliniques,
00:36:58.149 --> 00:37:01.640
radiologiques et pathologiques, comme on peut le voir ici.
00:37:02.720 --> 00:37:06.843
Généralement, on pense aux doses modérées à fortes de glucocorticoïdes,
00:37:06.843 --> 00:37:11.412
qui agissent rapidement et sont efficaces, mais elles ne conviennent pas nécessairement
00:37:11.412 --> 00:37:12.360
à long terme.
00:37:12.960 --> 00:37:16.543
Les caractéristiques cliniques qui suggèrent que le patient pourrait tirer des bienfaits de ce traitement
00:37:16.543 --> 00:37:19.320
sont l’aggravation aiguë ou l’aggravation sous-aiguë de son état sur une période de quelques jours ou de quelques semaines.
00:37:20.120 --> 00:37:24.574
Les caractéristiques radiologiques comprennent la présence d’une opacité significative en verre dépoli,
00:37:24.574 --> 00:37:29.440
d’une pneumopathie organisée objectivée par TDM, d’une cellularité importante
ou d’une pneumonie organisée à la biopsie.
00:37:30.080 --> 00:37:34.511
Dans quelques cas,
particulièrement celui de la pneumopathie d’hypersensibilité non fibrosante, on
00:37:34.511 --> 00:37:37.421
voit beaucoup d’opacités en verre dépoli, de modularités centrales diffuses
00:37:37.421 --> 00:37:42.778
accompagnées d’une fibrose minimale, d’atteintes péribronchiolaires et d’inflammation
00:37:42.778 --> 00:37:43.439
à la biopsie.
00:37:43.720 --> 00:37:47.822
Ce type de patient répondrait probablement vite et bien à un traitement à la prednisone avec
00:37:47.822 --> 00:37:49.640
un retrait de l’élément déclencheur.
00:37:50.880 --> 00:37:55.047
Les patients atteints d’une maladie pulmonaire interstitielle associée à une myosite ont souvent aussi une
00:37:55.047 --> 00:37:58.337
pneumonie organisée et une pneumopathie interstitielle non spécifique, comme on peut le voir en bas à droite.
00:37:58.337 --> 00:38:02.724
Chez ces patients aussi, la prednisone atténue rapidement les symptômes
00:38:02.724 --> 00:38:04.040
de pneumonie organisée.
00:38:04.760 --> 00:38:07.904
On finit parfois par administrer des doses très fortes de prednisone à ces patients
00:38:07.904 --> 00:38:10.840
parce qu’ils sont souvent admis à l’hôpital et très malades.
00:38:12.440 --> 00:38:16.490
Les traitements à long terme visant à ralentir la progression de la maladie pulmonaire interstitielle
00:38:16.490 --> 00:38:19.720
sont les immunomodulateurs et les antifibrotiques.
00:38:20.240 --> 00:38:24.438
Les immunomodulateurs prescrits sont souvent des mycophénolates,
00:38:24.438 --> 00:38:27.120
même s’il leur faut souvent plusieurs mois pour agir.
00:38:27.120 --> 00:38:30.881
Il arrive aussi qu’on prescrive des traitements à délai d’action plus court,
00:38:30.881 --> 00:38:36.000
par exemple le rituximab, le tocilizumab ou, plus traditionnellement, la cyclophosphamide.
00:38:36.560 --> 00:38:40.750
Je pense qu’on finit plus souvent par prescrire des
mycophénolates et parfois de l’azathioprine.
00:38:40.750 --> 00:38:44.320
Comme antifibrotiques, on prescrit du nintedanib ou de la pirfénidone.
00:38:44.480 --> 00:38:51.381
Ce sont les deux options possibles. Parfois, on n’envisage aucun
00:38:51.381 --> 00:38:52.080
traitement immédiat.
00:38:52.120 --> 00:38:55.516
En règle générale,
on adopte cette conduite chez les patients dont la maladie est très
00:38:55.516 --> 00:38:57.160
légère ou qui sont très fragiles.
00:38:58.000 --> 00:39:01.181
À titre d’exemple,
l’atteinte de ce patient pourrait
00:39:01.181 --> 00:39:03.760
être qualifiée d’anomalie pulmonaire interstitielle.
00:39:03.960 --> 00:39:08.127
Comme on ne sait pas encore s’il s’agit d’une maladie, on ne le traitera pas
00:39:08.127 --> 00:39:12.240
avant d’avoir observé plus de signes de progression.
00:39:13.400 --> 00:39:16.240
Habituellement, on ne pratique pas non plus de biopsie dans une telle situation.
00:39:17.280 --> 00:39:18.760
Passons maintenant aux patients qui sont très fragiles,
00:39:18.760 --> 00:39:24.188
par exemple ceux qui ont plus de 90 ans, même si je ne pense pas avoir déjà traité une personne
00:39:24.188 --> 00:39:26.360
approchant cet âge.
00:39:26.360 --> 00:39:29.592
Dans ces cas, je ne prescris pas de médicaments. La
00:39:29.592 --> 00:39:34.191
prise en charge vise plutôt les limitations extrapulmonaires.
00:39:35.920 --> 00:39:39.127
Souvent dans ce type de situation, certains traitements font plus
00:39:39.127 --> 00:39:39.760
de mal que de bien.
00:39:41.640 --> 00:39:45.013
Concernant le choix du traitement à long terme pour ralentir la progression de la maladie,
00:39:45.013 --> 00:39:47.814
c’est-à-dire un immunomodulateur ou un antifibrotique,
00:39:47.814 --> 00:39:52.273
il faut se poser les deux questions suivantes :
00:39:53.360 --> 00:39:56.040
Est-ce que je dois prescrire un immunomodulateur, oui ou non?
00:39:56.400 --> 00:39:58.480
Et est-ce que je dois prescrire un antifibrotique, oui ou non?
00:39:58.480 --> 00:40:02.223
Chez certains patients, il est préférable de prescrire les deux médicaments dès le départ, tandis que chez d’autres,
00:40:02.223 --> 00:40:04.640
il est préférable d’en prescrire juste un.
00:40:05.680 --> 00:40:09.280
Commençons par les immunomodulateurs, dont le plus prescrit est le mofétilmycophénolate.
00:40:09.640 --> 00:40:13.869
Généralement, ils sont indiqués chez les patients qui en plus d’avoir une maladie pulmonaire interstitielle
00:40:13.869 --> 00:40:16.040
présentent des signes d’inflammation importante.
00:40:17.200 --> 00:40:21.253
Le profil typique serait celui de la pneumopathie interstitielle non spécifique à la
00:40:21.253 --> 00:40:23.383
TDM.
Ce cas est un exemple classique
00:40:23.383 --> 00:40:27.488
de patient atteint de sclérose systémique sous laquelle une biopsie a été pratiquée pour révéler le
00:40:27.488 --> 00:40:28.840
même profil de pneumopathie interstitielle non spécifique.
00:40:29.480 --> 00:40:34.543
Ici, on a un patient atteint d’une pneumopathie d’hypersensibilité typique ou dont la maladie a un profil bronchiolocentrique à la TDM.
00:40:34.543 --> 00:40:38.680
Il présente aussi une inflammation et une fibrose bronchiolocentriques semblables à la biopsie.
00:40:40.440 --> 00:40:45.736
La cellularité du lavage bronchoalvéolaire, et surtout la présence
d’une lymphocytose, serait un autre indice dans les cas où
00:40:45.736 --> 00:40:51.401
ce type d’examen est pratiqué et où des mycophénolates sont prescrits en première intention
00:40:51.401 --> 00:40:55.080
après le diagnostic.
00:40:56.920 --> 00:41:02.192
Les cas pour lesquels on envisage plutôt un antifibrotique
00:41:02.192 --> 00:41:07.662
sont ceux dont les caractéristiques évoquent plutôt la pneumonie interstitielle commune ou ceux qui sont caractérisés par une quantité importante
00:41:07.662 --> 00:41:09.640
de fibrose, mais dont le profil n’évoque pas la pneumonie interstitielle commune.
00:41:10.480 --> 00:41:14.599
Bref, le cas à gauche est un exemple classique de profil de pneumonie interstitielle commune caractérisé par la présence d’opacités en rayon de miel
00:41:14.599 --> 00:41:19.052
prédominantes en périphérie de la partie inférieure du poumon avec bronchectasies
par traction et réticulation sans
00:41:19.052 --> 00:41:22.058
signes accessoires.
00:41:22.058 --> 00:41:26.456
Le profil de droite est typique d’une pneumopathie d’hypersensibilité ou d’une pneumopathie
interstitielle bronchiolocentrique.
00:41:26.456 --> 00:41:30.520
En raison de la quantité importante de fibrose sur ce cliché de TDM,
00:41:30.520 --> 00:41:34.076
il serait probablement avisé de prescrire à la fois un
00:41:34.076 --> 00:41:37.446
antibiotique et un immunomodulateur à ce
00:41:37.446 --> 00:41:37.680
patient.
00:41:39.800 --> 00:41:42.823
Pour conclure,
je vais revenir sur les points à retenir.
00:41:42.823 --> 00:41:45.600
Ensuite, nous pourrons passer aux questions.
00:41:45.600 --> 00:41:49.790
Voici les points à retenir :
une définition de la fibrose pulmonaire progressive et des critères de diagnostic de la maladie ont été
00:41:49.790 --> 00:41:52.560
proposés et intégrés aux lignes directrices récentes.
00:41:52.560 --> 00:41:57.134
À mon avis, ils ne sont pas parfaits,
mais ils constituent un bon point de départ. Je
00:41:57.134 --> 00:42:02.203
pense aussi qu’il faut faire preuve de souplesse dans leur application
00:42:02.203 --> 00:42:04.120
à chaque patient.
00:42:05.200 --> 00:42:09.360
Il existe des données probantes sur l’efficacité du nintedanib et
de la pirfénidone dans la prise en charge de la fibrose pulmonaire progressive.
00:42:09.600 --> 00:42:13.893
Les lignes directrices ne recommandent que le nintedanib, mais je pense que la pirfénidone est une
00:42:13.893 --> 00:42:17.074
bonne option dans cette situation,
00:42:17.074 --> 00:42:21.102
d’autant plus que certains patients ne tolèrent pas le
nintedanib et que chez certaines
00:42:21.102 --> 00:42:25.131
populations particulières,
ce médicament peut être associé
00:42:25.131 --> 00:42:27.040
à un risque accru d’effets indésirables.
00:42:29.120 --> 00:42:33.064
La morphologie, ou le profil de la maladie, est de plus en plus utilisée pour dévoiler les
00:42:33.064 --> 00:42:36.379
mécanismes biologiques sous-jacents
et prévoir la réponse au traitement et le pronostic. Ainsi,
00:42:36.379 --> 00:42:40.838
on avance vers une approche de prise en charge des caractéristiques
traitables des maladies pulmonaires interstitielles
00:42:40.838 --> 00:42:45.125
selon laquelle il est justifié de prescrire un antifibrotique si on observe des caractéristiques de
00:42:45.125 --> 00:42:45.640
fibrose.
00:42:45.640 --> 00:42:48.951
En revanche, cette approche justifierait la prescription d’un immunomodulateur
00:42:48.951 --> 00:42:51.742
si on observe
des caractéristiques évocatrices de l’inflammation,
00:42:51.742 --> 00:42:54.959
soit de la prednisone à court terme ou du mycophénolate à long terme.
00:42:55.960 --> 00:43:00.047
Cette approche de prise en charge des caractéristiques traitables peut même englober
00:43:00.047 --> 00:43:03.487
le plan de prise en charge générale des patients atteints d’une maladie pulmonaire interstitielle,
00:43:03.487 --> 00:43:06.079
qui comprend le traitement des comorbidités pulmonaires et
00:43:06.079 --> 00:43:09.320
des comorbidités extrapulmonaires de même que l’adoption de saines habitudes de vie.
00:43:10.360 --> 00:43:14.162
Un jour,
je pense qu’il serait souhaitable que nous adoptions
00:43:14.162 --> 00:43:18.349
une approche moléculaire de prise en charge, c’est-àdire l’utilisation de marqueurs
00:43:18.349 --> 00:43:21.876
moléculaires précis pour révéler les mécanismes biologiques en œuvre et non seulement suggérer,
00:43:21.876 --> 00:43:26.229
mais confirmer le traitement ciblé le plus approprié pour chaque
00:43:26.229 --> 00:43:26.559
patient.
00:43:27.000 --> 00:43:30.700
Avec un peu de chance, la prochaine génération de corticostéroïdes
et d’immunosuppresseurs
00:43:30.700 --> 00:43:33.200
nous rapprochera de cet objectif.
Objectifs d’apprentissages
Définir la progression de la fibrose pulmonaire progressive
Décrire les données probantes sur le traitement de la fibrose pulmonaire progressive
Décrire les facteurs qui influencent l’approche du traitement de la fibrose pulmonaire progressive, y compris le rôle de la prednisone, des médicaments immunosuppresseurs d’épargne stéroïdienne et les médicaments antifibrotiques.
Date du programme: 19 Février 2025
Conférencier : Dr. Christopher Ryerson, MD, FRCPC
Professeur adjoint, Département de médecine et Centre for Heart Lung Innovation
Université de la Colombie-Britannique
Modérateur : Dr. Ciaran Scallan, MB, FRCPC
Professeur adjoint, Université McMaster
Programmes de transplantation pulmonaire et de maladie pulmonaire interstitielle :
Firestone Institute for Respiratory Health
Questions?
Les présentateurs sont seulement responsables d’élaborer le contenu de cette présentation et de maintenir l’exactitude scientifique, l’objectivité, et l’équilibre. Toutes les discussions concernant la pratique ou le traitement représentent uniquement les opinions du présentateur. Cette vidéo est offerte aux participants, aux déclarants, et aux personnes qui demandent de l’information supplémentaire concernant ce programme d’apprentissage.